• Virginie Flow Sophrologie

Le Burn-out



Le burn-out ou syndrome d’épuisement professionnel affecte malheureusement beaucoup de travailleurs aujourd’hui, 3 millions de français seraient touchés, et à l'heure actuelle, le nombre de burn-out graves a augmenté de 25% par rapport à mai 2021, un bilan alourdi par la crise sanitaire.

La définition :

Le syndrome d’épuisement professionnel, équivalent en français du terme anglais burn-out, se traduit par un « épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d’un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel »

L’OMS ne considère pas le burn-out comme une maladie, mais le classifie comme un syndrome lié à un stress chronique au travail. L’OMS précise bien que ce terme concerne uniquement le contexte professionnel.

Ces chiffres sont effrayants ! Il est temps de s’interroger sur les conditions de travail et le rapport que nous entretenons avec notre vie professionnelle.

Les origines du stress au travail sont dépendantes de l’épanouissement des salariés, celles-ci ne dépendent plus uniquement du job en soi, mais de l’environnement général : les conditions de travail, les relations avec la hiérarchie, les pairs et les partenaires, mais aussi la conciliation entre la vie privée et la vie professionnelle, etc…

Mais ce n’est souvent pas tant le nombre d’heures passées au travail qui est la cause initiale. Il y a encore quelques décennies, les gens travaillaient davantage qu’aujourd’hui et il y avait nettement moins de souffrance au travail.

L’arrivée d’internet a occasionné une nouvelle difficulté, avec l’ordinateur et le smartphone, celle de devoir être disponible à tout moment, et devoir répondre sur le champ, à devoir rester connecté virtuellement à son activité, sans relâche, ni le soir, ni le week-end, ni durant les vacances pour certains.

Cette disponibilité permanente est aussi un véritable fléau durant les journées de travail, où les mails inondent les salariés, les interrompant sans cesse dans leur tâche. Les interruptions incessantes de la concentration, qu’elles demandent une réponse ou non, sont néfastes au bon fonctionnement du cerveau, qui a besoin de rester concentrer pour mener à bien une tâche.

Les travaux de Brian Bailey et Joseph Konstan chercheurs en sciences informatiques à l’université de l’Illinois et du Minnesota, montrent qu’un salarié interrompu sans cesse met 27% de temps en plus pour effectuer la même tâche, sans parler de l’épuisement cognitif.

Les notifications obligent notre attention à faire du « switch-tasking », c’est à dire naviguer sans cesse d’une tâche à l’autre, ce qui est non seulement chronophage, mais aussi épuisant pour elle.

Le niveau d’anxiété rapporté par ces salariés est bien plus élevé, et petit à petit tout comme une situation de stress qui se prolonge, notre système cognitif bascule dans l’épuisement.

Cet épuisement cognitif engendre un épuisement motivationnel.

C’est le paradoxe de l’hyperconnexion : nous sommes submergés par les informations, mais pas les bonnes. Epuisés par l’excès d’informations et les interruptions incessantes, nous sommes empêchés de s’impliquer dans notre travail !

Et comme le montrent les travaux de Matthew Killingsworth et Daniel Gilbert, chercheurs en psychologie à l’université de Pennsylvanie et Harvard, notre capacité à nous impliquer dans notre activité en cours influence fortement notre bien-être. Quand notre attention doit sans cesse papillonner d’une tâche à l’autre sans pouvoir se concentrer durablement, c’est notre processus motivationnel qui est affecté, notamment la construction de nos buts et l’évaluation de notre propre efficacité.

Le monde actuel du travail présente un nombre croissant d'employés confrontés à une perte de sens, face à leurs conditions de travail, la surcharge, le manque d'autonomie, la pression, les demandes inadaptées... De nombreuses professions sont soumises à de plus en plus de contraintes administratives, de rendement, d’objectifs, d'enjeux, etc. Ces professions deviennent dépourvues de l’essence même de ce qu’elles étaient initialement. C’est une situation tangible dans les professions en lien avec l’humain (domaine médical, social, enseignement…), humain qui se situe en réalité en seconde place au profit de formalités administratives et numériques, d’objectifs à atteindre et d’efficacité, alors que ces professions sont sensées placer l’individu et son intérêt au coeur de l’activité. À cela s’ajoute souvent une charge de travail accrue.

Perte de sens également dans des entreprises où les consignes données au salarié sont tout simplement irréalisables, comme réaliser une tâche en 2 heures alors qu’elle en nécessite 4, réaliser des tâches pour lesquelles le salarié n’a pas la compétence ou n’est pas formé, absorber du travail supplémentaire car l’entreprise refuse d’embaucher le personnel nécessaire, etc.

Et le salarié se retrouve pressé comme un citron!

La souffrance est telle que plus aucun sens n’est trouvé au poste et la motivation se perd petit à petit. Le salarié se fatigue, s’épuise sur le plan physique et émotionnel, est en détresse, et finit par « se consumer ».

Souvent, il ne trouve pas de compréhension ni de soutien au sein du milieu professionnel.


Le burn-out résulte d’un processus lent de dégradation du rapport de l’individu à son travail, cela peut prendre des semaines, des mois, voire des années pour se remettre d’un burn out, d’où l’importance de détecter les symptômes potentiels le plus tôt possible, avant qu’ils ne deviennent chroniques.

Les manifestations du burn-out sont hétérogènes et s’installent de manière insidieuse et progressive, ce qui rend parfois le diagnostic difficile.

Il y a cependant des symptômes que l’on retrouve fréquemment dans le burn-out :

la personne se trouve dans un état similaire à l’épuisement émotionnel, elle est déconnectée de ses émotions, avec une difficulté voire une incapacité à ressentir des sentiments et des émotions, comme détachée d’elle même et cherchant à fuir toute objectivité et tentative pour aller mieux. Tout devient extrêmement difficile, voir insurmontable, que ce soit au travail ou dans les tâches simples du quotidien.

La personne a du mal à se concentrer, souffre de perte de mémoire, elle a l’impression de « bugger » et ne plus pouvoir y arriver. L’inquiétude et l’anxiété apparaissent ou se renforcent, la confiance en soi diminue et un sentiment d'échec apparait.

Quant aux signes cliniques fréquents, ils sont :

fatigue permanente non soulagée par le repos, mal de dos, insomnie ou hypersomnie, maux de ventre, migraines, infections fréquentes, nausées, perte ou prise de poids, troubles du désir…

L'attitude de fuite par réaction et par instinct de survie est la clé pour la personne en burn-out, qui a besoin d’aide.

Un suivi par un médecin est nécessaire, qui évaluera l’état de la personne, prescrira un arrêt de travail et un traitement adéquat s’il s’avère nécessaire.

Cet accompagnement peut être réalisé par le médecin généraliste ou un médecin psychiatre, ou par le généraliste et un psychologue. Il est important que la personne puisse sortir de la culpabilité, qu'elle comprenne les mécanismes lents et insidieux qui l'ont conduit au burn-out, et quels sont ses besoins physiologiques et psychiques pour faire face à cet état. Il est important aussi qu'elle réponde à ses besoins du moment et qu'elle s'appuie sur les ressources présentes (médecins, entourage familial ou amical, ressources personnelles, bien-être, nature..)

Dans un premier temps, la réponse adaptée est le repos et la récupération, ensuite un travail de consolidation vers un état stabilisé, pour envisager ensuite une reprise ou engager une reconversion.

Ce processus de guérison dure de 3 à 18 mois, ou 24 mois, ou plus.

En complément à l'accompagnement médical, un soutien par la sophrologie ou la méditation pourra apaiser certains troubles, et favoriser petit à petit, un mieux être et le retour à une existence harmonieuse.



Virginie Portenseigne, sophrologue.

174 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout